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La migration des oiseaux

Les migrateurs

Pie-grièche à poitrine rose                          Photographie Aurelien Audevard : Digiscoping Ouessant


Les migrateurs partiels

Les migrateurs partiels sont des oiseaux, dont certains individus migrent en automne et dont d'autres restent toute l'année dans les régions où ils nichent.

Linné, le grand naturaliste suédois du XVIIIe siècle appela le pinson des arbres Fringilla coelebs, c'est-à-dire le fringille célibataire, car dans son pays les quelques pinsons qui restent sur place en hiver sont presque tous des mâles, la plupart des femelles et quelques mâles partant vers le sud. En Grande-Bretagne, en Allemagne et aux Pays-Bas, les pinsons mâles sont également majoritaires en hiver, tandis que dans les pays au climat plus doux comme la France, on note l'arrivée des femelles ont quitté les régions nordiques. Le nombre qui arrive dépend de la quantité des récoltes en Norvège. S'il y a beaucoup de nourriture, quelques-uns d'entre eux peuvent très bien y rester passer l'hiver.

Le comportement migratoire d'une espèce est aussi fonction de son habitat d'origine. En Finlande, le rouge-gorge est presque entièrement migrateur alors qu'en France quelques individus seulement migrent et qu'en Espagne tous sont sédentaires. La tendance à migrer dépend de la rigueur de l'hiver : plus la vie est difficile à la mauvaise saison, plus il est avantageux de migrer. Ces visiteurs hivernaux retrouvent alors les nombreux oiseaux qui sont restés sur place à la mauvaise saison : ce sont des sédentaires. Leurs effectifs sont parfois renforcés par des populations migrant partiellement depuis les régions plus au Nord. La France reçoit alors chaque automne des millions d'oiseaux de toutes espèces qui profitent de la relative clémence de son climat : rouge gorge, mésange bleue, linotte mélodieuse, pinson des arbres, étourneau sansonnet, grive musicienne et draine, merle noir, rapaces…

Le merle noir est un autre migrateur partiel. Chez cette espèce, les femelles migrent davantage que les mâles et les jeunes plus que les vieux. Les mâles résistant mieux à la rigueur de l'hiver que les femelles et les vieux que les jeunes, les sujets âgés et les mâles ont moins d'intérêt à migrer que les jeunes et les femelles. En Allemagne, on a montré que les tendances à migrer et à rester sur les lieux de nidification sont héréditaires. Comme les avantages de la sédentarité et de la migration varient notablement selon l'année, la population de merles noirs peut être en grande partie tantôt migratrice et tantôt sédentaire suivant la rigueur des hivers.

Mais les habitudes des oiseaux peuvent changer… Au début du vingtième siècle, beaucoup de corneilles scandinaves migraient en Europe occidentale jusqu'en France. De nos jours cet oiseau est devenu très rare dans cette partie du continent et il semble que le comportement migratoire soit devenu moins avantageux, peut-être parce que la nourriture est maintenant plus abondante sur les lieux de reproduction en raison de la multiplication des dépôts d'ordures.

La plupart des fauvettes à tête noire migrent vers le sud à l'automne, mais quelques-unes passent l'hiver dans des régions froides. Leur survie était plutôt faible il y a 20 ans. Depuis, elles fréquentent les mangeoires et de plus en plus de fauvettes passent l'hiver chez nous, se nourrissant dans les jardins, et ne fuiront que devant une rude vague de froid.

Hirondelles rustiques juvéniles              Photo C.A. Vaucher - Batraciens-reptiles.com

Les hivernants

Ce sont des oiseaux qui nichent dans le Nord et le Nord-Est de l'Europe et passent l'hiver dans nos régions.

Le départ de nos migrateurs est compensé par l'arrivée d'oiseaux nordiques venus hiverner plus au sud : grive mauvis et litorne, sizerin flammé, tarins des aulnes, pinsons du Nord… qui prennent parfois la forme d'invasions lorsque les conditions sont particulièrement difficiles dans leur milieu d'origine.

Les oiseaux de passage

Les oiseaux migrateurs peuvent aussi s'arrêter en route pour se reposer, se nourrir ou attendre une météo favorable. Ceux qui ne font pas partie de la faune locale nicheuse, et qui ont leurs quartiers d'hiver situés nettement plus au sud, sont qualifiés d'oiseaux de passage. Ils ne font que traverser nos régions en période de migration.

Au cours du vol migratoire, les oiseaux peuvent perdre leur route en raison du mauvais temps et du vent. C'est pourquoi au printemps et en automne, on rencontre le plus d'hôtes exceptionnels originaires de contrées lointaines. Ces oiseaux égarés sont attirés par les îles et les promontoires. Ainsi on peut aussi voir des espèces plus rares originaires d'Asie centrale, des régions arctiques ou même d'Amérique du Nord. Dans ce dernier cas, il s'agit de migrateurs qui ont été entraînés au-dessus de l'Atlantique par des tempêtes, et qui parviennent sur les côtes européennes situées le plus à l'ouest (Irlande, archipels écossais, île d'Ouessant). Désorientés, ces oiseaux sont qualifiés d'accidentels car leur occurrence est très irrégulière ; en outre, ils sont peu nombreux. Chaque année, on voit ainsi quelques oiseaux nord-américains en Europe (surtout des fauvettes), mais ces individus, plus ou moins isolés n'ont jamais nidifié, ni fait souche et ils disparaissent bien vite, souvent complètement épuisés.


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